Histoire

Les rites funéraires : La crémation et l’urne funéraire.

A travers les temps, les différentes civilisations font évoluer les rites funéraires selon leurs cultures : croyances, valeurs, implantations géographiques et coutumes. Non seulement, ils rendent ainsi hommage au défunt, à sa vie passée et à l’importance de son existence au sein d’une société, mais aussi, ils les préparent pour le voyage vers leur nouvelle vie.

La crémation en fait partie, et l’on peut croire qu’elle existe depuis que l'homme maîtrise le feu, malgré que les premiers témoignages nous viennent de la période néolithique, vers 6000 ans av. J.C. Les spécialistes croient que les incinérations se pratiquaient dans un but religieux, comme par exemple chez les Celtes : ils imaginaient qu’avec la combustion l’âme se dégageait plus rapidement du corps en préservant les vivants des Mânes.

Nombreuses ont été les civilisations qui utilisèrent la crémation comme pratique des rites funéraires. Ce qui a donné naissance au contenant servant à conserver l’intégralité des cendres du défunt : l’urne funéraire. Elle sera réalisée dans différents matériaux, mais les premières urnes ont été modelées en terre. (Il est important de préciser que l’appellation « Urne Funéraire » était utilisée pour les contenants en forme des vases servant à faires des offrandes sur les tombes : aliments, huiles, objets personnels, etc. Le terme « Urne Cinéraire » s’introduit lorsque l’objet sert à contenir les cendres du défunt).

Les Etrusques, ont créé l’urne « Biconique » et « Cabane », représentatives de cet âge de Fer (vers le IXè au VIIè siècle av. J.C.). Elles étaient modelées à la main en argile grossière (impasto). L’urne « Biconique » (signe anthropomorphe de la personnalisation), se divise en deux parties bien distinctes : 1- le corps, décoré par des gravures aux motifs géométriques simples, comportait une à deux anses, la deuxième pouvant être cassée durant le rite funéraire ; et 2- la fermeture, écuelle à lèvre rentrante (posée vers le haut si le défunt était un enfant ou vers le bas si le défunt était un adulte) représentait très souvent un casque lorsque le défunt était un homme. L’urne « Cabane » était modelée selon la forme de l’habitation du défunt.

Puis, l’urne à « Tête de Canope de Chiusi » fait son apparition, durant les périodes allant du VIIè au VIè siècles av. J.C. Ce vase simple et rustique, était orné par un couvercle représentant la tête du défunt ; rendant ainsi une individualité disparue lors de l’incinération.

Enfin, l’urne en forme de « Sarcophage ». Elle a la particularité d’accueillir les cendres d’un couple, elle est donc plus volumineuse ; les cendres des défunts sont mélangés à l’intérieur de l’urne. La partie inférieure était décorée de simples bas-reliefs. La partie supérieure est une sculpture des époux dans la pose du banquet étrusque procédant à l’offrande du parfum. Ces œuvres révèlent l’importance de la femme au sein de la société étrusque.

Dans la Grèce antique, les « Lécythe », servaient à conserver les huiles parfumées. Certains, ceux à fond blanc, étaient utilisés comme vase dans les rites funéraires. Inventés dans la première partie du VIème siècle av. J.C., ils étaient réalisés en terre rouge, engobés en blanc et ornés de scènes d'adieux ou de représentations du défunt. Ils ne contenaient donc pas des cendres mais des offrandes. Parallèlement, en Amérique, les premières civilisations précolombiennes utilisèrent eux aussi des urnes funéraires. Ces figurines en céramiques creuses contenaient des aliments et des offrandes qui accompagnaient le défunt dans la vie de l’haut de là. Ces urnes étaient réalisées à la main car le tour de potier n’existait pas encore.

Les Aztèques auraient été la première civilisation précolombienne à utiliser l’urne dite cinéraire (pour contenir les cendres).

Dans l’art Ibérique, vers le VIè au Ier siècle av J.C., les urnes étaient réalisées au tour dans une forme orientale, elles comportaient deux anses et un couvercle maintenu par un bâton. Puis, elles étaient peintes.

Quelques siècles plus tard, les Romains inventèrent les « Columbariums » (pigeonniers). Cette étrange construction en alvéole montée de toute pièce dans la terre, servait à ranger et conserver les urnes (olla) contenant les cendres des défunts.

Durant l’Antiquité, pratiquement toute l’Europe se convertit au christianisme. La pratique de la crémation est abandonnée jusqu’au XIXème siècle en France. Bien que dans des pays voisins, médecins et scientifiques la revendiquent, soucieux de l’hygiène et du respect de l’individu.

Aujourd’hui, près de 40% de la population française opte pour la crémation, et ce pourcentage est bien supérieur dans les autres pays européens ou asiatiques, comme par exemple au Japon où la crémation est quasi systèmatique. Quant à l’Urne Cinéraire est communément appelée « Urne Funéraire ».